Depuis 1991, Dominique Jalabert effectue des plantations sur un
terrainde 7 ha dans les Corbières orientales. Il est
maintenant aidé par son fils. On n'est pas dans
la partie la plus ensoleillée du Languedoc, mais presque. C'est la zone
la plus ventée et la plus chaude et on est près du minimum
pluviométrique français (situé vers Salses et Le Barcarès, avec 400 mm
par an). Les conditions sont donc très favorables à la culture des
plantes succulentes, sans toutefois rivaliser avec la Côte d'Azur* ou
la Costa Brava, plus douces l'hiver et beaucoup moins ventées.
Le "jardin", comme il l'appelle modestement, couvre une portion de
vallon, depuis le ruisseau jusqu'aux falaises calcaires exposées au
sud, en passant par une plaine alluviale, d'anciennes terrasses de
culture et des pentes de garrigue sur schistes, puis des éboulis et
roches abruptes. Les conditions d'humidité du sol sont donc extrêmement
variées. De même pour l'exposition au soleil et la profondeur
du
sol. Le microclimat est donc plus chaud en remontant vers les falaises,
surtout aux zones abritées du vent. Par temps calme et clair en hiver,
l'inversion de température entre le bas fond et les falaises peut être
spectaculaire. La partie haute est donc la plus favorable aux
espèces succulentes frileuses, tandis que le fond du jardin permet la
culture de plantes beaucoup moins xérophiles**. Il y a toutefois deux
facteurs limitants en bas: les gelées hivernales pour les
plus
sensibles au froid et certaines sécheresses estivales pour les moins
résistantes au sec. Dans les rochers, les succulentes peuvent se
flétrir en été, mais retrouvent leur turgescence aux premières pluies.
Dans la partie rocheuse, des plantes méditerranéennes***venues d'autres
régions accompagnent la flore locale, qui reste dominante. En effet,
les plantations dans cette zone sont très extensives, dans les espaces
laissés libres par la végétation naurelle, préservée pour l'essentiel.
Les conditions y sont donc plus difficiles pour les succulentes, que
lorsqu'elles sont plantées dans une terre travaillée et sans
concurrence (comme aux Epines de Lespinet) et elles se développent plus
lentement. Toutefois des individus déjà grands ont été apportés et se
maintiennent bien. Les conditions différentes des Epines de Lespinet
(20 fois plus grand!) ont conduit à une conception diférente
et complémentaire. On se promène dans la garrigue où l'on découvre des
cactus et autres plantes grasses, tout à fait intégrés dans le paysage,
que les gens non avertis pourraient croire à l'état naturel. Il y a
aussi des zones où la concentration de ces plantes est importante.
La partie basse du jardin, de culture bien plus facile, est plantée de
manière beaucoup plus intensive et constitue un arboretum-jardin
botanique très varié, avec toujours de la végétation naturelle.
Depuis un certain nombre d'années, ces vastes espaces constituent un
lieu de rencontre idéal pour les amateurs de succulentes et autres
exotiques de la région, venant de diverses associations ou
"indépendants". Tous ceux et celles qui ont un intérêt pour la question
sont les bienvenus, un dimanche de mai ou juin, à partir de 9h. Chacun
apporte son pique-nique, à cosommer ensemble sous les saules, près du
ruisseau. Un ou deux producteurs de plantes viennent généralement, mais
chacun peut apporter de quoi échanger autre chose que nos observations.
En 2009, ce sera le 17 mai, avec la présence des Epines de Lespinet
(plantes succulentes) et de
Jardins
Nature (plantes xérophiles voire désertiques).
Anecdote: les gros animaux sauvages, notamment les sangliers, peuvent
commettre quelques dégâts. Pour les éloigner, il suffit de disposer en
limite de terrain, des excréments de lion. C'est finalement tout
simple... à condition de travailler à la Réserve Africaine de
Sigean!
QUELQUES CHIFFRES ELOQUENTS:
2000 espèces végétalesdont 1300 succulentes et 340 méditerranéennes270 espèces d'agaves ayant permis
d'accorder le label "Collection agréée CCVS" et probablement bientôt le label
"Collection nationale CCVS"La
visite peut se faire les week-end et jours fériés.Elle peut être libre
en
suivant un cheminement balisé de 2 km (compter 2 h) au tarif de 5€ par
personne. On ne peut alors accéder au pied des falaises, mais on a de
belles vues sur elles. Elle peut aussi être guidée et plus complète, au
tarif de 7,50€, sur rendez-vous préalable.
Quelques vues du site *
Comme dans le reste du site, je parle de la Côte d'Azur au
sens strict,
à l'est de l'Estérel et non pas de l'ensemble de la côte provençale
comme un abus de langage très répandu peut le laisser croire.
**
= adaptées à la sécheresse
***
des
vraies, originaires des régions méditerranéennes. Ne pas confondre avec
les "méditerranéennes" des jardineries, qui englogent tout ce qui peut
se cultiver dans cette région, incluant en fait une
majorité de tropicales ou subtropicales.
****
"Collection nationale CCVS (CN)" : il s'agit d'une
collection d'intérêt national qui a satisfait à des critères
d'excellence lors de son évaluation. Elle doit notamment, par sa
composition, être largement représentative du thème choisi.
"Collection agréée CCVS (CA)" : collection
qui doit encore s'enrichir par rapport au thème choisi, ou dont
certains éléments relatifs à son mode de culture, sa gestion ou sa
pérennité sont encore insuffisants pour obtenir le label "Collection
nationale CCVS".