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Jardin de Plantes Succulentes

Cactus et Plantes Grasses rustiques, cultivés en plein air, sous climat non méditerranéen  
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AMENAGEMENT DE TERRAIN EN VUE D'UNE CREATION DE JARDIN DE PLANTES SUCCULENTES

    Le terrain dont on dispose pour planter des succulentes en plein air n'est pas toujours idéal. Si on n'a pas le choix, on peut envisager de l'aménager de manière à corriger plus ou moins ses inconvénients. Plus ceux-ci sont importants, plus le climat local est défavorable et plus on est exigeant sur l'aspect exotique du jardin, plus ces aménagements sont difficiles, sachant qu'ils ont une limite et qu'il peut être plus raisonnable de limiter ses ambitions.  Un terrain toujours à l'ombre, par exemple, ne pourra devenir favorable, (si ce n'est pour les plus rustiques des plantes appréciant l'ombre, si le terrain est bien drainé), à mois qu'une surélevation importante soit possible et suffisante pour le remonter jusqu'au soleil, cas exceptionnel.
    Les deux paramètres principaux sur lesquels on joue généralement sont  le soleil et la pluie, plus secondairement le vent.

SOLEIL
 

    On recherche une durée et une intensité maximales. Si certaines plantes apprécient une ombre légère dans leur milieu d'origine en vivant sous des arbustes ou dans des hautes herbes, il vaut mieux les mettre en plein soleil sous nos climats. La durée est conditionnée par le climat, sur lequel on  ne peut influer, et par l'exposition du terrain, à choisir au mieux  de ce dont on dispose.  Il est plus facile de jouer sur l'intensité pour se rapprocher de celle des conditions naturelles de ces plantes et compenser une durée forcément inférieure*. Si on ne dispose pas d'éléments naturels ou artificiels pour l'augmenter, on peut les rajouter assez facilement.  
Mur:
    On peut augmenter l'intensité lumineuse par la réflexion sur un mur clair exposé au soleil la plus grande partie du temps, c'est à dire du sud-ouest au sud-est. S'il est vers l'est ou vers l'ouest, il ne sera éclairé que la moitié de la journée. Même par temps couvert, la luminosité sera supérieure. Ce mur peut être constitué de pierres. On évoque souvent la restitution nocturne de chaleur accumulée durant la journée et dont profitent les plantes lors des nuits froides. Les mesures que j'ai effectuées ne montrent pas de différence significative, sauf tout contre le mur. En effet, en hiver, l'accumalation est bien modeste. Et s'il n'y a pas eu de soleil durant la journée, il n'y a bien sûr aucun effet. Par contre, le mur d'un local chauffé est plus efficace, surtout s'il est mal isolé. Mais il vaut mieux  isoler le mur et protéger les plantes! Le pied du mur sera l'endroit privilégié pour installer les plantes les moins rustiques.
Roches:
    Des rochers peuvent aussi être disposés sur le sol pour réfléchir la lumière et servir d'abri comme un mur pour des plantes de taille nettement inférieure au rocher.
Sable:
    Un autre moyen de réfléchir la lumière est de déposer une couche de sable grossier clair sur le sol. Outre l'effet décoratf éventuel, il créera une ambiance plus lumineuse tout en préservant mieux le collet des plantes, qui craint souvent  l'humidité.
Pente:
    La création d'une pente exposée vers le soleil (du sud-ouest au sud-est) agit surtout par une meilleure inclinaison du soleil  sur la surface du sol, qui se réchauffera plus vite et par une moindre ombre portée des plantes sur leurs voisines, lorsque le soleil est bas. Si le sol n'est pas bien filtrant (mais à aménager, autant agir aussi sur ce point fondamental), l'évacuation des pluies excessives sera facilité,  mais il sera préférable de disposer des cailloux de manière à éviter l'érosion, si la pente est assez forte.

PLUIE

Abri:
    On peut envisager d'installer un abri de la pluie au dessus durant  les mois défavorables (disons d'octobre à mars dans la nord de la France et de novembre à février dans le sud, pour donner un ordre d'idée). Mais celà est contraignant, plus coûteux et  peu esthétique, sans parler de la résistance aux vents violents.  Le plus pratique à installer est  un tunnel de forçage, à laisser bien ouvert à la base, sinon, c'est l'humidité excessive de l'air qui fera pourrir les plantes. Pour des plantes de plus d'un mètre de haut, il faut passer à la véritable serre. Cette protection est  nécessaire pour les espèces qui craignent la pluie hivernale même sur sol bien drainé. Mais il ne s'agit plus de culture en plein air et ces plantes ne sont pas vraiment rustiques, même  celles qui  supportent au delà de -20° parfaitement au sec.
     Si toutefois vous disposez déjà d'un auvent abritant de la pluie une parcelle de pleine terre, vous pouvez le mettre à profit. Si c'est bien ensoleillé et abrité des vents froids, c'est un microclimat privilégié. On peut donc envisager aussi sa construstion pour aménager un petit jardin exotique. Toutefois, un toit transparent est bien préférable, sinon les plantes auront tendance à se pencher vers l'extérieur à la recherche du maximum de lumière, surtout s'il n'est pas très au dessus de leur sommet et s'il leur fait de l'ombre en été. Il conviendra bien sûr d'arroser à la bonne saison (les cactus peuvent se passer d'eau très longtemps, mais elle leur est nécessaire pour pousser, comme pour tous les végétaux).
Amendement du sol:
    Pour les plantes qui supportent de se mouiller mais craignent l'excès d'humidité au niveau des racines ou du collet,  soit la majorité des rustiques cultivables en Europe non méditerranéenne, il faut veiller à avoir un sol bien drainé. S'il ne l'est pas , il faut rajouter des éléments plus grossiers. Il peut y avoir des graviers et des cailloux, mais l'essentiel est le sable. Du sable de construction, tamisé à 4mm fait très bien l'affaire (attention au sable de bord de mer, qu'il faut bien laver pour enlever le sel). Ne rajouter que des cailloux ne servira pas à grand'chose s'ils sont largement enrobés d'une argile compacte. C'est le sable qui pourra la décompacter.
    Pour estimer la bonne consistance du sol initial ou du mélange amélioré, c'est simple:
- prenez une poignée de terre bien mouillée, mais ressuyée, c'est à dire que l'eau qu'elle ne peut pas retenir a eu le temps de s'écouler
- serrez la dans la main
- si elle ne donne pas une boule gardant sa forme, c'est que le terrain sera très drainé
- si elle forme une boule fragile, qui s'effrite en tombant sur le sol, le terrain est convenable, mais il gagnera à être amendé par du sable, surtout en région humide ou froide
- si elle forme une boule qui garde sa forme en tombant au sol, c'est qu'elle est trop argileuse et doit être allégée
- si vous  en faîtes un cylindre en la roulant entre les mains et que vous pouvez  le tordre pour en faire un anneau, alors il faut prévoir de rajouter beaucoup de sable!
Remplacement du sol:
    On peut aussi envisager de planter directement dans une nouvelle terre, que l'on peut apporter en remplacement d'au moins 20 cm, plutôt 30, de l'ancien sol, à évacuer, ou, plus simplement, au dessus de l'ancien sol. Il peut s'agir de simples buttes, mais aussi d'un  apprt régulier sur toute la surface.  La présence d'un sol trop lourd en profondeur n'est pas gênante.
    Certains sols** peu perméables ou surmontant une couche imperméable en profondeur (souvent les deux à la fois) s'inondent facilement en saison froide. On a en fait, une nappe d'eau qui affleure en surface. Il est difficile d'imaginer pire pour des cactus!
Couverture du sol:
    Je connais un amateur voisin situé dans un zone montagneuse très humide (2000 mm par an) et froide (on y atteint souvent -20°) qui a eu une idée originale: bien que bien exposé sur une pente au sud, son  sol est trop humide en hiver et il évacue donc une grande partie de la pluie en le recouvrant d'ardoises se recouvrant comme sur un toit. Au niveau des collets des plantes, il fait en sorte que le maximum de l'eau de ruisellement s'évacue sur le côté. Ainsi très peu d'eau pénètre dans le sol, ce qui reste suffisant à la bonne saison, car cette couverture réduit aussi considérablement l'évaporation et le sol reste donc suffisamment frais en été (comme s'il était bâché comme on le fait pour les fraisiers), sans se détremper en hiver. Il en est satisfait et cela me semble en effet, très astucieux. C'est bien sûr adapté à de petites surfaces sur des pentes régulières et donne an aspect particulier qu'on peut ne pas apprécier.
     Comme effet secondaire appréciable, le problème du désherbage se réduit juste au collet des plantes.
    Je ne l'ai pas essayé moi-même (et je n'en ai pas besoin). Aussi, tout autre avis sur cette idée m'intéresse. (contact).

VENT

    Ce n'est pas tellement contre la force du vent qu'il utile de se prémunir, mais contre son aggravation des effets du froid.  Les murs évoqués plus haut seront très efficaces à leur pied pour couper le vent froid s'ils sont bien orientés***. Se méfier toutefois des autres obstacles au vent (notamment les autres murs environnant) qui peuvent créer des tourbillons rabattant le vent dans la zone que l'on voudrait protéger.
    Le plus sûr est d'utiliser des brise-vent naturels (haies, rangées d'arbres) ou artificiels (canisses, brandes de bruyère, filets...),  qui diminuent sa vitesse en laissant passer un peu d'air à travers, ce qui protège sur une plus grande distance au delà de l'abri, avec moins de remous. Mur (coupe-vent) et brise-vent peuvent se compléter efficacement.
     Les voiles d'hivernage peuvent être une solution individuelle pour certaines plantes (pas très pratique s'il y a beaucoup d'épines). Leur effet se limite d'ailleurs à celà. Il ne faut pas s'attendre à une atténuation significative du froid sous le voile, beaucoup trop léger . Si on le place de manière à piéger les calories  émises par le sol, il doit y avoir un légère différence, mais si on enveloppe la plante en resserrant le voile à la base, comme on le représente sur les emballages, la température restera évidement la même, puisqu'il n'y a pas production de chaleur par la plante: les cactus ne sont pas des plantes "à sève chaude" comme nous, qui sommes des animaux "à sang chaud"!
   

* La durée annuelle d'insolation est de l'ordre de 3500h dans les semi-déserts du sud-ouest américain, tout comme en bordure du Sahara, pour un total potentiel de 4400h s'il n'y avait jamais de nuages (et on atteint 4300 au Sahara oriental). En comparaison, on a de 2600 (Roussilon) à 3000h (entre Narbonne et Béziers et sur l'extrême sud de la Provence) sur la côte méditerranéenne française, avec toutefois un pointe à 3200h dans les îles de Porquerolles et Port-Cros (seulement 10% de moins qu'en Arizona!).  On descend vers 2350 à Carcassonne, 2000 vers Toulouse et Lyon, moins de 1700 sur les côtes de la Manche.  La côte atlantique du Médoc au sud de la Bretagne est plus privilégiée avec plus de 2000h, le maximum dépassant 2500h aux Sables d'Olonne (plus que sur les marges de la zone méditerranéenne!). Associée à une pluviométrie modérée et une certaine douceur hivernale, cette luminosité fait de cette région une zone favorable à ce genre d'acclimatation.  Plus au sud, l'insolation diminue et la pluviométrie augmente (1900h et 1500 mm sur la côte basque), mais l'hiver y est un peu plus doux.

**Ce sont généralement des sols limoneux, formés en majorité de particules de taille intermédiaire entre l'argile et le sable, qui se colmatent en hiver et durcissent en été, tout en devenant poussiéreux si on les travaille à sec. On dit qu'ils sont battants et ce sont les plus ingrats à cultiver. Dans le sud-oust de la France ils sont fréquents sur les anciennes terrasses des rivières et connus sous le nom de "boulbènes". Ils ont en profondeur, une couche de graviers ou de galets cimentés par de l'oxyde de fer qui empêche l'eau de s'enfoncer au dessous et traditionnellement appelé "grepp", onomatopée censée imiter le bruit du soc de la charrue qui le racle.  Dans des zones sableuses comme les Landes, c'est le sable qui est cimenté ainsi et appelé "alios".
    Disgression: Sous climat équatorial un phénomène voisin se produit sur les sols mis à nu après destruction de la forêt  primaire.: des oxydes de fer cimentent les particules du sol, formant une croûte appelée "latérite" où la forêt ne peut plus se reconstituer à l'identique. Sa destruction est donc irréversible et ce n'est pas assez dit. On se focalise trop et à tort sur le côté "poumon de la planète", alors que par définition, une forêt primaire est en équilbre et consomme donc autant d'oxygène qu'elle en produit. Sa destruction libère simplement le carbone qu'elle stockait, mais surtout, c'est catastrophique au niveau de la  biodiversité et de la régulation du climat. Fin de la disgression, mais c'était utile de le préciser dans un contexte où l'on arrive à faire passer pour des vérités incontestables, des affirmations pseudoscientifiques.

*** Au nord du Massif-Central, les vents froids viennent du nord-ouet à l'est, le plus froid étant le nord-est. Dans le sud-est de la France, c'est plutôt du nord-ouest au nord, voire nord-est sur la Côte d'Azur et en Corse. Dans le grand sud-ouest (de la Gironde à l'Hérault et plus au sud), le froid vient essentiellement par le nord-ouest, même par flux de nord-est, car le vent a tendance à contourner le massif-central.