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Jardin de Plantes Succulentes

Cactus et Plantes Grasses rustiques, cultivés en plein air, sous climat non méditerranéen  
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LA RUSTICITE DES PLANTES SUCCULENTES
(compilation des taxons susceptibles d'être rustiques dans la région)


Pour corriger certaines erreurs et donner un nom plus vraisemblable à certains taxons difficiles à déterminer, certains noms ont changé depuis le 5 février 2013.
Tableau de correspondance.

Une plante succulente est caractérisée par des tissus accumulant une importante réserve d'eau qui lui permet de survivre à de longues périodes de sécheresse, même lorsque le sol est totalement desséché jusqu'au plus profond où les racines peuvent aller.  Elle est ainsi dénommée parce qu'elle contient beaucoup de suc et non pas parce qu'elle susciterait la sécrétion de suc salivaire, comme un aliment succulent, d'où l'ambiguïté de ce terme botanique. Aussi, le langage courant parle plutôt de plantes grasses, même si elles sont gorgées d'eau et non pas de graisses. Toutefois, la plupart sont comestibles et les figues de barbarie sont les plus connues (cf. page "dégustation")

    Elles poussent naturellement là où le sol peut de dessécher complètement, ne permettant pas la survie des végétaux non adaptés. C'est le cas des zones arides du globe, mais aussi des affleurements rocheux  partout ailleurs, là où le sol est très mince, voire réduit à une petite poche dans les anfractuosités de la roche. Aussi, dans les régions tempérées, surtout en montagne, on trouve des petites plantes grasses (sédums, joubarbes...) très rustiques. Mais la plupart des cactus et plantes grasses cultivées à titre ornemental sont originaires d'Amérique (cactus et agaves) ou d'Afrique de l'est et du sud (aloès et euphorbes, notamment). Les espèces vivant à basse altitude sous les tropiques ou à proximité résistent peu au froid, qui reste peu intense dans leur région d'origine, même dans les déserts. Mais beaucoup vivent jusqu'à de hautes altitudes où le gel peut être sévère. Elles supportent donc de très basses températures, à condition que le sol et l'air soient soit secs, comme c'est le cas dans ces régions en hiver. Sous un climat plus humide, des gels bien moindres les abîment voire les tuent. D'autres prospèrent jusqu'à de hautes latitudes (l'une d'elles atteindrait le cercle polaire arctique), et même en altitude. Là, l'hiver est non seulement froid, mais humide. C'est de là que proviennent celles qui peuvent être plantées sans protection en Europe du nord et centrale (voir la page sur Les succulentes "universellement rustiques") . Mais l'adaptation à ces conditions, notamment la neige, qui écrase et peut casser ce type de végétal, fait que les espèces deviennent petites et rampantes en allant vers le nord.
    Pour avoir des précisions sur les mécanismes physiologiques de leur adaptation au froid, voir le chapitre VI - 8 d'un article de  Le Cactus Heuristique, site web qui contient de nombreuses informations scientifiques.
    Pour voir l'aspect des plantes gelées, aller sur la page  Dégâts du gel.

    Dans les régions plus favorables, on est donc tenté d'essayer des plantes plus méridionales, mais aussi plus spectaculaires. Comme on a un vaste choix entre ces extrêmes, on peut déterminer le meilleur compromis en fonction du lieu de plantation. Selon les risques que l'on est prêt à prendre et les contraintes que l'on est prêt à s'imposer en matière de protection hivernale, on peut choisir des espèces:

- qui résisteront à coup sûr aux pires hivers (vagues de froid dites trentenaires, comme 1929, 1956, 1985)
- qui y résisteront peut-être (une protection étant alors plus sûre à ce moment là)
- qui résisteront à de bonnes vagues de froid (comme en 1987, 2005 et 2012), mais pas aux précédentes. On peut donc être amené à les remplacer  après deux, trois ou quatre décennies de bonne pousse
 
- qui y résisteront peut-être (une protection étant alors plus sûre)
- qui ne résisteront qu'aux
hivers moyens ou doux

    Lorsqu'une plante a été partiellement détruite, il est souvent possible de supprimer toutes les parties lésées et elle repoussera...jusqu'aux dégats suivants. Si l'on craint de perdre la totalité de la plante, il est souvent possible d'en conserver une partie (bouture ou rejet) à l'abri du gel pour la replanter au printemps.

    Je ne replante pas ce qui ne supporte  pas une vague de froid comme celle de 2005, mais c'est un choix personnel. Quand à ce qui ne résiste pas à un hiver moyen, il vaut mieux le cultiver sous serre!

    C'est là qu'est la difficulté pour apprécier le risque de gel d'une plante en un lieu donné. Même si on a des données précises sur le climat local, il faut les corriger en fonction du lieu précis où le jardin sera installé, qui peut présenter des caractéristiques particulières: pente, exposition, dénivellé par rapport au fond de la vallée, abri du vent ou du soleil, réflexion de la lumière par un mur ou des roches...., sachant que ces conditions ne sont pas toujours homogènes sur le terrain et qu'il est possible de les améliorer par certains aménagements. 

    On peut trouver des indications, très variables selon les sources, des températures minimales auxquelles les plantes sont censées résister, mais elles ne sont qu'indicatives, car elles dépendent aussi de multiples conditions: humidité du sol et de l'air, durée de l'excès d'humidité, rapidité du refroidissement et du dégel, durée du gel, vent, âge de la plante, aoûtement des parties jeunes (si l'on peut employer ce terme pour des succulentes), fertilisation éventuelle (l'excès d'azote est défavorable), chaleur de l'été précédent, origine géographique de la plante prélevée dans la nature lors de l'importation de l'espèce (celles d'altitude ou de latitudes élevées sont généralement plus résistantes), variabilité individuelle.... En fait, certaines résistent bien au-delà, d'autres en deçà de la température indiquée, selon les facteurs ci-dessus, qui dépendent en partie de l'emplacement où vous les cultivez.

Des précisions sur la taille, la sensibilité à la neige et à l'humidité se trouvent  dans la liste des plantes du jardin, (1,7Mo).
La compilation des données de rusticité bibligraphiques (températures, zones USDA et zones géographiques) et des observations au jardin, sont dans la
liste des plantes susceptibles d'être rustiques dans la région.

L'idéal, pour limiter les risques, est:

un sol bien drainé, en plein soleil, surtout en hiver, avec la souche bien dégagée et au soleil, à l'abri du vent

(l'humidité est pire que le froid).

Quelques autres exemples de rusticité
Essais de plantation dans la nature

    Un  paramètre essentiel du climat est le minimum absolu de  température relevé par les services météorologiques (soit depuis les années 1870 en France, variable selon les villes), car, avec un tel recul, il est peu probable que l'on puisse aller au delà.  Il est intéressant de remarquer que la correlation avec  la douceur moyenne du climat  est bien imparfaite. Mais les températures minimales extrêmes peuvent beaucoup varier localement, selon la topographie (les bas-fonds sont défavorables). 

    A titre indicatif, voici les plus grands gels relevés dans les stations météo de la région qui m'entoure, très contrastée (entre parenthèses: la température moyenne annuelle):

Côte vermeille: -9°C (+16°)

Plaine du Roussillon: -11°C (+15°)

Bas Vallespir et pied des Albères: -14°C (+15°)

Plaine de l'Aude: -15°C (+14° à Narbonne et +13° à Carcassonne)

Val d'Orbieu: -19°C (+14°)

Castelnaudary (+13°) et sud-ouest de l'Hérault (+14°): -16°C

Montpellier (+14°) et Toulouse(+12°): -18°C

Plaines et coteaux de la région toulousaine  et sud-Aveyron: -20 à -22°C (autour de +12°)

Foix: -19°C (+11°)

Tarascon sur Ariège: -17°C (+10°)

La Bastide de Sérou (09): -25°C (+10°)